Comment Apprendre A Etre Plus Heureuse Et Ne Plus Vivre Avec Des Regrets

Après 60 Ans, Et Si Le Plus Important Était De Devenir Enfin La Femme Que Vous Voulez Être ?

À 20 ou 30 ans, on imagine facilement la suite de sa vie. Un métier que l’on aime, une relation heureuse, peut-être des enfants, une maison, des voyages, des projets… On dessine mentalement une version de nous-même que l’on pense retrouver quelques décennies plus tard.

Puis la vie fait son travail.

Certaines choses se réalisent. D’autres changent complètement. Il y a aussi les projets que l’on repousse, les décisions prises pour la famille, les imprévus et toutes ces périodes où l’on avance simplement parce qu’il faut avancer.

Et autour de 60 ans, une question peut soudain prendre beaucoup plus de place : est-ce que la vie que je mène aujourd’hui ressemble vraiment à celle que je voulais ?

Cette interrogation peut être inconfortable. Pourtant, elle peut aussi marquer le début d’une période particulièrement intéressante.

 

À 60 Ans, On Ne Regarde Plus Sa Vie De La Même Manière

À 60 Ans, On Ne Regarde Plus Sa Vie De La Même Manière

Ce n’est pas nécessairement l’âge de 60 ans lui-même qui provoque un changement.

C’est surtout que l’on possède désormais suffisamment de recul pour observer son parcours autrement. Les décisions prises vingt ou trente ans auparavant ont eu le temps de produire leurs conséquences.

La psychologue Sandra Isella explique ainsi qu’à cet âge, et parfois même un peu avant, nous disposons d’une vision beaucoup plus claire de ce que nous avons vécu et construit.

Et forcément, le bilan n’est pas toujours celui que l’on espérait.

On peut être heureuse de certains choix tout en regrettant d’autres chemins abandonnés. Une carrière mise de côté. Un voyage toujours reporté. Une passion oubliée. Une relation dans laquelle on s’est peut-être trop adaptée.

La fameuse question apparaît alors :

« Et si j’avais fait autrement ? »

Mais il existe une question beaucoup plus intéressante : « Qu’est-ce que j’ai envie de faire maintenant ? »

 

Pendant Des Années, Beaucoup De Femmes Se Sont Placées En Deuxième

C’est probablement l’un des points les plus intéressants soulevés par la psychologue.

Dans de nombreuses familles, les femmes ont longtemps occupé une place centrale dans l’organisation du quotidien. Elles ont pris soin des enfants, accompagné les parents vieillissants, organisé la maison, soutenu leur conjoint et parfois concilié tout cela avec leur propre travail.

Petit à petit, leurs besoins personnels peuvent passer après ceux des autres.

Pas forcément à la suite d’une grande décision.Cela se fait souvent par petites touches.

On repousse une formation. On reporte un voyage. On abandonne momentanément une activité. On accepte davantage de contraintes parce que cela facilite la vie familiale. On accepte de rester dans une relation de couple qui nous comble pas.

Sandra Isella résume cette situation avec une image particulièrement parlante : la femme devient parfois la pièce qui s’ajuste pour que tout le reste continue de fonctionner.

À force de s’adapter, certaines finissent par se demander où sont passées leurs propres envies.

 

Les Enfants Partent, La Vie Change… Et Une Place Se Libère

Les Enfants Partent, La Vie Change… Et Une Place Se Libère

La soixantaine correspond aussi fréquemment à une période de changements très concrets.

Les enfants deviennent autonomes. La retraite approche ou commence. Le couple évolue. Les parents vieillissent. Le rythme professionnel n’est plus nécessairement le même.

Ce qui pouvait sembler parfaitement normal pendant vingt ans ne correspond soudain plus à la personne que l’on est devenue.

Et cette période peut créer un vide.Mais ce vide peut aussi devenir un espace disponible.

Du temps pour reprendre une activité abandonnée.Du temps pour voyager autrement.

Pour apprendre une langue.Pour reprendre soin de soi.

Pour rencontrer de nouvelles personnes.

Ou simplement pour découvrir ce que l’on aime aujourd’hui, sans chercher à satisfaire immédiatement les attentes de quelqu’un d’autre.

 

Il N’Est Pas Nécessaire De Rattraper La Femme Que Vous Pensiez Devenir

C’est peut-être là que le regard peut changer.

À 25 ans, vous aviez probablement une certaine idée de la femme que vous seriez à 60 ans.

Mais cette femme imaginée ne connaissait pas encore tout ce que vous alliez vivre.

Elle ne connaissait ni vos rencontres, ni vos difficultés, ni vos réussites, ni les personnes dont vous auriez à prendre soin. Elle ignorait également les envies qui allaient disparaître et celles qui allaient naître.

Pourquoi faudrait-il alors absolument lui ressembler ?L’objectif n’est pas forcément de récupérer tous les rêves abandonnés vingt ou trente ans plus tôt.

Certains ne nous correspondent tout simplement plus.La vraie question consiste plutôt à déterminer ce qui nous donne envie aujourd’hui.

 

Attention Au Piège Des Autres Femmes Qui « Ont Tout Réussi »

À cette période de la vie, la comparaison peut devenir particulièrement dure.

Une ancienne amie voyage constamment. Une autre semble avoir une famille parfaite. Une connaissance possède la maison dont vous rêviez. Quelqu’un a réussi professionnellement là où vous avez dû faire des concessions.

Et avec les réseaux sociaux, nous pouvons désormais observer tout cela quotidiennement. Les réseaux sociaux sont aussi devenues un fléau : nous nous comparons toujours aux autres.

Le problème est évident : nous comparons notre vie entière avec quelques morceaux soigneusement sélectionnés de celle des autres.

Nous voyons ce qu’une personne possède ou montre. Nous ne connaissons pas nécessairement les renoncements, les difficultés ou les regrets qui accompagnent son parcours.

La vie d’une autre femme peut inspirer une nouvelle idée. Elle ne devrait pas devenir l’unité de mesure de la vôtre.

Après 60 Ans, L’Identité N’Est Pas Figée

On parle parfois de l’identité comme de quelque chose que nous devrions avoir définitivement construit à 30 ou 40 ans.

La réalité est beaucoup moins linéaire.

Nous changeons après une naissance, une séparation, un deuil, un changement professionnel, un déménagement ou simplement avec le temps.

À 60 ans, vous n’avez pas à devenir une nouvelle personne du jour au lendemain.

Vous pouvez simplement commencer à faire davantage de place à celle que vous êtes maintenant pour apprendre à se reconstruire au cours de la vie.

5 Questions À Se Poser Pour La Suite Pour Apprendre A Etre Plus Heureuse

Il n’est pas nécessaire de bouleverser toute sa vie. Quelques questions peuvent déjà permettre de regarder son quotidien autrement :

  1. Est-ce que ma vie actuelle me convient réellement ?
  2. Qu’est-ce que je fais encore uniquement par habitude ou par obligation ?
  3. Qu’est-ce qui me manque aujourd’hui pour me sentir mieux ?
  4. Y a-t-il quelque chose que je repousse depuis plusieurs années ?
  5. À quoi voudrais-je que ma vie ressemble dans cinq ans ?

Les réponses peuvent être très simples.

Vous n’avez peut-être pas envie de changer de pays ou de commencer une nouvelle carrière. Votre envie peut être de reprendre la peinture, marcher davantage, partir quelques jours seule, revoir certaines amies ou réserver enfin du temps à une passion.

Cela compte tout autant.

Et Si 60 Ans N’Étaient Pas L’Heure Du Bilan, Mais Celle D’Un Nouveau Départ ?

Regarder derrière soi fait naturellement apparaître quelques regrets. Nous avons toutes pris des décisions que nous prendrions probablement différemment aujourd’hui.

Mais nous les jugeons avec une expérience que nous n’avions justement pas à l’époque.

Le passé peut expliquer la personne que nous sommes devenue. Il n’a pas besoin de décider entièrement de la suite.

À 60 ans, tout n’est évidemment plus possible de la même manière qu’à 20 ans. Mais de nouvelles envies peuvent encore apparaître, certains projets peuvent revenir et les priorités peuvent complètement changer.

Finalement, il ne s’agit peut-être plus de devenir la femme que vous aviez imaginée lorsque vous étiez jeune.

Il s’agit de vous demander quelle femme vous avez envie d’être à partir de maintenant.